LANCEMENT DU PROCESSUS D’ÉLABORATION DES PLANS DE GESTION DES RESSOURCES PASTORALES DANS LES COMMUNES DE LA REGION DE L’ADAMAOUA CAMEROUN

En vue de concrétiser sa vision de transférer les compétences aux collectivités territoriales, le Gouvernement de la République du Cameroun a bénéficié du soutien financier et technique de la Banque mondiale pour mettre en œuvre le Projet de Développement de l’Élevage (PRODEL). L’Objectif de Développement (ODP) poursuivi dans ce projet vise à améliorer la productivité des systèmes de production ciblés, la commercialisation de leurs produits pour les bénéficiaires sélectionnés et d’apporter une réponse immédiate et efficace en cas de crise éligible ou d’urgence dans le secteur de l’élevage. Et c’est dans ce cadre que APESS par le biais de son CRIPA de Garoua a été retenue pour la mise en œuvre des plans des gestions de ressources naturelles(PGRP) dans la région de l’Adamaoua au Cameroun. La nécessité d’organiser des ateliers de lancement dans les différentes communes bénéficiaires a mobilié l’équipe du CRIPA de Garoua de fin mai à début juin 2018.

C’est ainsi que se sont tenus dans les différentes salles des communes de Meiganga, de Ngaoundal, de Belel et enfin de N’Gaoundéré IIIème des ateliers communaux de lancement des processus d’élaboration des plans de gestion de ressources pastorales avec des cérémonies d’ouverture présidées par les sous préfets et les différents Maires. ces rencontres avec les acteurs sur le terrain ont permis de présenter le PRODEL, sa stratégie d’intervention au niveau des communes et au niveau l’opérateur de mise en œuvre, d’informer également et de sensibiliser toutes les parties prenantes sur le processus d’élaboration des PGRP assortis des PARAR, de structurer le processus du diagnostic des ressources et infrastructures pastorales et de mettre en place les conditions préalables au démarrage effectif du processus. Au cours des ateliers, les autorités administratives et traditionnelles étaient particulièrement motivées par l’idée de la sécurisation des espaces pastoraux dans les communes. En effet, selon ces autorités, le PRODEL vient à point nommé dans un contexte où les producteurs ruraux sont de plus en plus confrontés aux situations des conflits. De même que les représentants des organisations des agriculteurs ont manifesté un grand intérêt pour la délimitation et la sécurisation des espaces pastoraux. Chose qui, selon eux, devrait renforcer les liens sociaux dans les communautés et ainsi promouvoir la paix. La question du traitement des bouviers a également été soulevée lors des échanges notamment à Meiganga. Plusieurs considèrent ce fait comme étant l’une des causes des conflits agropastoraux. Il a été même proposé que le PRODEL réfléchisse sur la professionnalisation du métier de bouvier.

Il est à noter que la préoccupation principale actuelle du Gouvernement du Cameroun à travers les différentes politiques de développement est de centrer désormais les stratégies de développement économique et sociale sur un meilleur impact des politiques publiques et sur la nécessité d’accroître le pouvoir d’achat des populations les plus défavorisées en leur offrant un meilleur cadre d’épanouissement social et économique. La mise en œuvre de la décentralisation au Cameroun participe de cette vision.

Il faut rappeler que l’histoire de la décentralisation au Cameroun est antérieure à l’indépendance du pays. On peut rappeler à cet effet que c’est en 1941 que furent créées les Communes de Yaoundé et de Douala. Depuis ces années, la pratique de la décentralisation n’a cessé d’évoluer au Cameroun à travers l’avènement de la mise en place d’autres communes. Toutefois, c’est surtout la loi N°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 02 Juin 1972 qui a donné une impulsion nouvelle et un rôle accru et déterminant à la décentralisation pour améliorer et dynamiser le développement politique, social et économique du Cameroun. Dans le cadre de cette décentralisation, certaines compétences ont été transférées aux communes dont celles liées à la gestion des ressources et des infrastructures pastorales. Les mécanismes d’utilisation des ressources pastorales et de mise en place des infrastructures d’élevage communautaires ne sont durables que s’ils sont issus d’un processus participatif impliquant toutes les parties prenantes.

Idrissa Youssoufa Koeranga

CRIPA Garoua Cameroun

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