La coopération transfrontalière, une politique bien utile à tous !

A la faveur de la mise en œuvre du Programme Régional d’Education et Formation des Populations Pastorales en zones transfrontalières (PREPP) que coordonne l’APESS, nous avons été amenés à concevoir et à asseoir un mécanisme de coopération transfrontalière afin d’assurer un plein succès au programme et lui garantir la pérennité.

Une des composantes de la stratégie de mise en œuvre du PREPP est la coopération transfrontalière ; pilotée par l’APESS, elle consiste en la mise en place des comités transfrontaliers dont la mission première est la prise en main progressive des activités d’éducation formation des communautés pastorales dans les entités territoriales. Les chefs des collectivités terrotoriales frontalières impliquées (maires, préfets) assurent le lead de ces comités transfrontaliers qui comprennent, en outre, des représentants d’éleveurs et des représentants de services techniques (agriculture, élevage, environnement, éducation, sécurité, etc.).

A ce jour, la mise en place de tous les Comités Transfrontaliers d’Education et Formation des Populations Pastorales (CTEFPP) dans l’ensemble des zones transfrontalières couvertes par le programme est effective :

Zone transfrontalièreDate d’installationLieu d’installation
1Bénin-Burkina-Togo02 avril 2014Matéri (Bénin)
2Bénin-Niger26 septembre 2014Niamey (Niger)
3Niger-Tchad15 novembre 2014Bol (Tchad)
4Burkina-Mali30 janvier 2015Dédougou (Burkina)
5Mali-Mauritanie23 juillet 2015Kayes (Mali)

Il faut sousiligner que l’atteinte de l’objectif général du PREPP qui est de « parvenir à une meilleure intégration sociale, politique et économique des populations pastorales transhumantes des zones transfrontalières par l’éducation et la formation professionnelle » permettra certainement de résorber les défis identifiés dans le programme et que sont, entre autres :

  • Le faible taux de scolarisation et le taux d’analphabétisme très élevé au sein des communautés pastorales ; en effet,  les communautés pastorales de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, de part la nature de leurs activités et de leur mode de vie caractérisé par la mobilité, sont souvent marginalisées par les systèmes éducatifs classiques ; ces systèmes, généralement conçus pour les populations fixes, ignorent le plus souvent les besoins éducatifs des communautés mobiles ;
  • les conflits récurrents, souvent meurtriers, entre populations pastorales mobiles et communautés d’agriculteurs sédentaires dus, en grande partie, à l’analphabétisme et à l’ignorance des acteurs ;
  • la faible prise en compte des besoins fondamentaux des éleveurs pasteurs dans les politiques de développement sectoriel en dépit de l’apport important de l’élevage dans le PIB de nos différents pays ;
  • la faible intégration des communautés pastorales dans leur espace de vie ;
  • la paupérisation croissante de ces communautés.

Tous les différents ateliers organisés à l’effet de mettre en place les Comités transfrontaliers du PREPP ont été riches d’enseignements et de perspectives ; au-delà des résultats initiaux attendus (en relation directe avec le succès du PREPP), ces ateliers ont révélé les choses suivantes :

  • la soif des acteurs des zones frontalières de se rencontrer, d’échanger et de co-construire ;
  • la possibilité d’y trouver de nombreuses solutions à des nombreux problèmes communautaires (administration, sécurité, éducation, agriculture, élevage, environnement, etc.) ;
  • le fort intérêt des politiques pour cette politique de promotion de la coopération transfrontalière (en témoigne la remarquable mobilisation des autorités concernées à l’occasion de ces évènements) ;
  • les tentatives des participants à ces ateliers de dépasser le cadre de départ pour pouvoir embrasser le maximum de problématiques communes (à l’exemple du CTEFPP Mali-Mauritanie où les participants sont allés jusqu’à innover en intégrant un « D » pour Développement dans leur sigle ce qui a donné CTEFDPP.

La coopération transfrontalière, une politique bien utile à tous, peut-on alors proclamer ; toutefois, afin que celle-ci puisse répondre aux attentes qu’elle suscite, il va falloir :

  • que l’animation et le suivi adéquats des structures mises en place soient pleinement et continuellement assurés ;
  • que l’accompagnement approprié à ces structures soit garanti ;
  • que la volonté des politiques soit saine et constante ;
  • que les principaux acteurs dans ces structures soient imaginatifs afin d’être féconds continuellement ;
  • que des résultats conséquents soient engrangés progressivement ;
  • que ces entités mises en place soient valorisées au niveau des Institutions sous régionales d’intégration (CEDEAO, UEMOA, CEEAC, CEMAC) dans leur politique et dans leur stratégie en la matière.

Si tous nous concourions à ce que ces conditions énumérées soient remplies maintenant et plus tard, la preuve que la coopération transfrontalière est une politique bien utile à tous sera irréfutable ; l’APESS pour sa part s’engage solennellement à jouer pleinement la partition qui est la sienne dans ce processus.

Dr Ibrahima ALIOU

Secrétaire général

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