
Sénégal : Validation du Plan d’Action National Lait actualisé, une nouvelle étape pour la promotion de la filière locale
Réunis les 6 et 7 octobre 2026 à Thiès, les acteurs de la filière laitière sénégalaise ont validé le Plan d’Action National Lait actualisé, défini les organes du Cadre National Multi-acteurs d’Appui à la Promotion du Lait Local et élaboré une feuille de route pour la mobilisation des ressources. Une avancée qui renforce l’articulation entre les politiques nationales et la dynamique régionale de promotion du lait local en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Un engagement national au service du lait local
Le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE) du Sénégal a organisé, les 6 et 7 octobre 2026 à Thiès, un atelier national consacré à la validation du Plan d’Action National actualisé pour le développement des chaînes de valeur du lait local et à la mise en place formelle du Cadre National Multi-acteurs d’Appui à la Promotion du Lait Local.
La rencontre a rassemblé les représentants des structures publiques, des organisations professionnelles, du secteur privé, de la recherche, ainsi que des programmes et projets nationaux et régionaux intervenant dans la filière laitière.
L’atelier a bénéficié de l’appui du Hub Rural, du Programme de Compétitivité de l’Agriculture et de l’Élevage (PCAE) du Sénégal et du Secrétariat Permanent de la Plateforme régionale lait, assuré par l’Association pour la Promotion de l’Elevage au Sahel et en Savane (APESS), à travers le Projet d’Appui à l’Offensive Lait en Afrique de l’Ouest (PAOLAO).
Une forte dépendance aux importations qui appelle à l’action
Dans son allocution d’ouverture, Maître Ousmane Diagne, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, chargé de l’Élevage, a rappelé les enjeux économiques et stratégiques du développement de la filière laitière nationale.
Selon les données présentées dans son discours, la production nationale de lait est estimée à 417 millions de litres, tandis que les importations atteignent environ 849 millions de litres, pour une facture annuelle de 156 milliards de francs CFA.
Ces chiffres illustrent l’ampleur de la dépendance du Sénégal aux approvisionnements extérieurs en produits laitiers, mais également les possibilités de développement de la production locale.
Le pays dispose en effet d’atouts importants : un cheptel, des éleveurs et producteurs expérimentés, des organisations professionnelles, des unités de collecte et de transformation, des compétences scientifiques et techniques, ainsi qu’un marché caractérisé par une demande importante.
L’enjeu consiste désormais à mieux structurer la filière, à améliorer la productivité, la collecte, la transformation et la commercialisation du lait local, tout en garantissant une meilleure rémunération des producteurs.
Un plan actualisé pour renforcer la cohérence des interventions
Élaboré en 2021, le Plan d’Action National Lait a été actualisé conformément au canevas régional transmis par le Secrétariat Permanent de la Plateforme régionale lait.
Cette actualisation s’inscrit dans le prolongement de la deuxième session ordinaire de la Conférence annuelle de la Plateforme régionale multi-acteurs d’appui à la promotion du lait local, organisée en janvier 2026 à Thiès. À cette occasion, les États avaient été invités à actualiser leurs plans d’action nationaux et à renforcer, ou à mettre en place, leurs dispositifs nationaux multi-acteurs de concertation.
Cette orientation vise à favoriser une meilleure coordination des interventions, à mobiliser plus efficacement les ressources et les appuis disponibles et à renforcer les liens entre les dynamiques nationales et régionales.
Au Sénégal, le processus d’actualisation a été conduit par une équipe technique restreinte et multisectorielle, sous la coordination de la Direction des Industries Animales, avec pour objectif de disposer d’un cadre d’action mieux adapté aux besoins de la filière.
Trois résultats majeurs à l’issue de l’atelier
Les travaux de Thiès ont permis d’aboutir à trois résultats essentiels :
- La validation du Plan d’Action National Lait actualisé, qui doit servir de référence pour les interventions en faveur du développement de la filière ;
- La définition des organes et de leurs fonctions respectives au sein du Cadre National Multi-acteurs d’Appui à la Promotion du Lait Local ;
- L’élaboration d’une feuille de route de mobilisation des ressources, destinée à faciliter la mise en œuvre des actions retenues.
La formalisation du cadre national de concertation est prévue par arrêté ministériel à l’issue du processus.
Ce dispositif a vocation à constituer un espace de dialogue, de coordination, de suivi et de mobilisation des acteurs et des partenaires. Sa portée dépendra notamment de sa capacité à transformer les orientations du plan en actions concrètes, assorties de responsabilités, d’échéances et de financements identifiés.
À cet égard, le ministre chargé de l’Élevage a insisté sur trois exigences : le réalisme, l’opérationnalité et la responsabilité collective. Il a également souligné l’importance de l’inclusion des femmes, actrices essentielles de la production, de la transformation et de la commercialisation du lait, ainsi que des jeunes, dont le potentiel entrepreneurial représente un atout pour l’avenir de la filière.
La Plateforme régionale lait, un levier de coopération et de mobilisation
La dynamique engagée au Sénégal s’inscrit dans le cadre plus large de la promotion du lait local en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
À l’ouverture de l’atelier, Mme Kady Tall Fall, présidente de l’AFAO WAWA et membre du Comité de pilotage (COPIL) de la Plateforme régionale lait, a porté la voix de cette plateforme auprès des autorités sénégalaises.
Elle a réaffirmé la disponibilité des membres du COPIL à défendre, au niveau régional, les préoccupations de la filière auprès de la CEDEAO et de l’UEMOA, notamment en matière de protection fiscale et de développement du marché régional.
Elle a également souligné l’importance de permettre au Sénégal de bénéficier pleinement des opportunités offertes par les programmes régionaux pour la mise en œuvre de son Plan d’Action National Lait actualisé.
Dans cette perspective, la fiche de synthèse du plan doit être présentée à la conférence régionale de mobilisation des ressources prévue en novembre 2026.
Le PAOLAO, à travers l’appui du Secrétariat Permanent de la Plateforme régionale lait assuré par l’APESS, contribue ainsi à la dynamique de mise en cohérence des initiatives nationales avec les orientations régionales de promotion du lait local.
Cette démarche s’inscrit dans l’ambition de l’Offensive Lait en Afrique de l’Ouest, portée par la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS, qui vise notamment à contribuer au doublement de la production laitière locale à l’horizon 2030.
Faire du lait local un levier de souveraineté alimentaire
Au terme des travaux, les participants ont salué le leadership du ministère chargé de l’Élevage et l’approche inclusive adoptée par sa Direction des Industries Animales, qui a permis aux différentes catégories d’acteurs de contribuer au processus de validation.
La rencontre de Thiès marque une étape importante dans la structuration de la filière laitière sénégalaise. Elle pose les bases d’une concertation nationale renforcée, articulée avec la dynamique régionale, et d’une mobilisation plus cohérente des ressources nécessaires au développement du lait local.
L’enjeu dépasse la seule augmentation de la production. Il s’agit également de renforcer les capacités de collecte et de transformation, de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois dans les territoires, d’améliorer les revenus des producteurs et de réduire progressivement la dépendance aux importations.
La réussite de cette ambition reposera sur la capacité de l’État, des éleveurs, des organisations professionnelles, des transformateurs, de la recherche, des collectivités territoriales et des partenaires techniques et financiers à travailler ensemble dans une logique de complémentarité et de résultats.
La promotion du lait local constitue ainsi un enjeu majeur de souveraineté alimentaire, de développement de l’élevage et de création de richesses, au Sénégal comme dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.



